Journée mondiale des pauvres et campagne du Secours Catholique

Journée mondiale des pauvres et campagne du Secours Catholique :
lutter contre la pauvreté et les préjugés

[…] J’ai eu l’intuition que, comme dernier signe concret de cette Année Sainte extraordinaire, on devait célébrer dans toute l’Église, le XXXIIIème Dimanche du Temps ordinaire, la Journée mondiale des pauvres. Ce sera la meilleure préparation pour vivre la solennité de Notre Seigneur Jésus Christ, Roi de l’Univers, qui s’est identifié aux petits et aux pauvres et qui nous jugera sur les œuvres de miséricorde (cf. Mt 25,31–46). Ce sera une journée qui aidera les communautés et chaque baptisé à réfléchir sur la manière dont la pauvreté est au cœur de l’Évangile et sur le fait que, tant que Lazare git à la porte de notre maison (cf. Lc 16,19–21), il ne pourra y avoir de justice ni de paix sociale. Cette Journée constituera aussi une authentique forme de nouvelle évangélisation (cf. Mt 11,5) par laquelle se renouvellera le visage de l’Église dans son action continuelle de conversion pastorale pour être témoin de la miséricorde (Lettre apostolique Misericordia et misera, pape François)

C’est en ces termes que le pape François a annoncé le 20 novembre 2016 la création de la Journée mondiale des pauvres, à l’issue de l’année de la miséricorde. Nous la célébrons donc ce dimanche 19 novembre 2017. Nous sommes habitués à entendre les paroles du Christ en Mt 25 « j’avais faim, vous m’avez nourri…  » ou le récit de Lazare lorsqu’on parle des pauvres et de notre attitude à leur égard.

Mais le pape François va plus loin encore : il s’agit pour nous d’une véritable « conversion pastorale pour être témoin de la miséricorde », d’une « authentique forme de nouvelle évangélisation ». Évangéliser, c’est manifester la miséricorde du Seigneur pour les plus petits et les plus pauvres.

Et pour la manifester, il faut la vivre, concrètement. Par des actions, des attitudes, et aussi dans le regard porté sur les pauvres en tant que personnes, sur la pauvreté et ses causes.

Illustration : le Secours Catholique vient de publier son rapport statistique annuel. En 2016 :
– près de 9 millions de personnes vivaient en France sous le seuil de pauvreté (1015 €), soit 1 million de plus qu’en 2008
– le revenu moyen des personnes accompagnées par le Secours Catholique était de 548 € (pour mémoire le RSA socle pour une personne seule est de 545 €)
– et que 19 % d’entre elles étaient sans aucune ressource
en région parisienne, 40 % des personnes accueillies vivent avec moins de 200 € par mois, et 33% n’avaient aucune ressource.

Nous y lisons également qu’à la précarité matérielle, s’ajoute pour ces personnes le poids du regard posé sur elles. Celui des préjugés sur les chômeurs, les migrants, les bénéficiaires des aides, les personnes hébergées par le 115, les pauvres en général … Ces jugements négatifs, le plus souvent faux, contribuent à l’exclusion et sont un danger pour la cohésion sociale.
Ils sont avant tout un obstacle à la « conversion pastorale pour être témoin de la miséricorde ».

Il est donc essentiel d’identifier nos préjugés, pour pouvoir les démonter et changer de regard. Et si nous testions le nôtre : www.secours-catholique.org/prejuges-sur-les-pauvres ?

Car « Qui croit encore que les démunis ont la belle vie » ?

Henriette BROS-LEMOINE
 

La journée nationale du Secours Catholique – Caritas France a lieu cette année le 19 novembre, c’est à-dire à l’occasion de la Journée mondiale des Pauvres, que le pape François vient d’instituer. En lien avec les communautés chrétiennes, les membres du Secours Catholique travaillent aux œuvres de Miséricorde que Dieu suscite pour que tous puissent vivre dignement. Ce sont souvent des pauvres qui nous font découvrir le cœur miséricordieux du Père. Marqués par les épreuves, ils savent que Dieu leur a fait miséricorde. Cette Journée mondiale des Pauvres peut être l’occasion de donner aux personnes en précarité toute leur place et une vraie parole dans nos communautés, en vue d’une « Église pauvre pour les pauvres ». Le troisième dimanche de novembre est le rendez-vous annuel pour la collecte nationale du Secours catholique. En ces temps de grande précarisation pour beaucoup, celui-ci a besoin des dons de tous pour remplir sa mission d’aide et d’accompagnement des plus démunis. En tant que service d’Église, par son savoir-faire, reconnu par les pouvoirs publics, le Secours catholique veut y contribuer. Mais comme baptisé, tout membre de notre Église ne doit-il pas se sentir « secours catholique » ? Merci d’avance pour votre générosité !

+ Jacques Blaquart
Évêque d’Orléans Président du Conseil pour la Solidarité