Pourquoi fêter le Christ Roi ?

par le Père Didier Rapin
Curé des paroisses Sainte-Geneviève et Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours

 

C’est à la messe que je viens communier à l’amour du roi berger, que je peux porter mes faiblesses, mes blessures, mes maladies pour qu’il puisse les prendre sur lui, pour qu’à notre tour nous soyons capable d’en être témoin et faire de même autour de nous.

En ces temps d’épidémie, avec ses multiples conséquences humaines, économiques et sociales, l’Église fête le « Christ Roi de l’Univers ».

 

Si l’image du Christ Roi appartient à la plus ancienne tradition, par contre la fête du Christ Roi est d’origine récente. Elle a été instaurée par le pape Pie XI, en 1925, pour affirmer la compétence religieuse de l’Eglise dans le domaine profane d’où la mentalité moderne entend parfois l’exclure.

 

Nous devons être chrétiens non seulement à la messe, mais aussi dans notre vie familiale, sociale, politique. L’Eglise a le droit et le devoir de rappeler aux puissances de toutes sortes qu’elles ne sont qu’au service de l’homme.

 

Dans sa dernière lettre encyclique « Fratelli tutti » sur la fraternité et l’amitié sociale, le pape François précise :
même si l’Église respecte l’autonomie de la politique, elle ne limite pas pour autant sa mission au domaine du privé. Au contraire, « elle ne peut ni ne doit rester à l’écart » dans la construction d’un monde meilleur, ni cesser de « réveiller les forces spirituelles » qui fécondent toute la vie sociale. (…) L’Église « a un rôle public qui ne se borne pas à ses activités d’assistance ou d’éducation », mais qui favorise « la promotion de l’homme et de la fraternité universelle ». Elle n’entend pas revendiquer des pouvoirs temporels mais s’offrir comme « une famille parmi les familles, – c’est cela, l’Église – ouverte pour témoigner au monde d’aujourd’hui de la foi, de l’espérance et de l’amour envers le Seigneur et envers ceux qu’il aime avec prédilection. »

Dans la prière du Notre Père, nous disons « Que ton Règne vienne ». Et en quoi consiste ce Règne de Dieu toujours en gestation, constamment promis, et jamais entièrement réalisé ? Dans la Préface de cette fête du Christ Roi, on nous le décrit comme un « règne de vie et de vérité, de grâce et de sainteté, de justice, d’amour et de paix ». Disons, pour faire simple, cette royauté sera celle de la fraternité : Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait (Mt 25, 4).

 

Cette fraternité est difficile à vivre au quotidien, c’est pourquoi nous avons besoin de vivre l’eucharistie. L’Eucharistie, comme le dit le P. Stampers, c’est le sacrement de l’amour ; et c’est à la messe que je rencontre le Christ mort et ressuscité dans le pain et le vin du sacrifice. C’est à la messe que je viens communier à l’amour du roi berger, que je peux porter mes faiblesses, mes blessures, mes maladies pour qu’il puisse les prendre sur lui, pour qu’à notre tour nous soyons capable d’en être témoin et faire de même autour de nous. Le jugement de la fin des temps dont parle l’Evangile de ce jour ne doit pas faire peur, il doit réveiller notre conscience et notre foi, il doit nous faire entrer dans la vraie royauté du Christ, celle de l’amour qui donne sa vie pour ceux qu’il aime.

Père Didier Rapin
Curé