Epiphanie du Seigneur

par Grégory Leurent
Diacre sur les paroisses Sainte-Geneviève et Notre-Dame du Perpétuel-Secours

 

« Ils se réjouirent d’une très grande joie »

Jésus pourrait naître mille fois à Bethléem, s’il ne naît en ton cœur, cela ne sert à rien. (Angelus Silésius)

Noël il y a plus de 2000 ans et Noël aujourd’hui : qu’y-a-t-il donc de nouveau dans la naissance de Jésus cette année et qui me concerne ?

Si ma réponse est « Je ne sais pas » ou « rien », c’est probablement que le cadeau de cette naissance n’a pas encore été ouvert ou que je pense qu’il s’agit d’un cadeau qui ne m’est pas destiné.

Aussi il est bon de fêter l’Epiphanie et de nous poser devant la crèche avec les mages afin de prendre toute la mesure de l’évènement.

L’évangile nous dit des mages qu’en arrivant à Bethléem « Ils se réjouirent d’une très grande joie » et qu’en voyant Jésus avec Marie, « tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant Lui ».

Pour que les mages ressentent une telle joie et se prosternent, c’est qu’en eux, s’est opéré un bouleversement d’une telle ampleur que, dans leur vie, il y a un avant et un après.

Nous les voyons prosternés c’est-à- dire offerts à cet enfant roi sans couronne dont ils pressentent, sans bien le comprendre, que la naissance porte un enjeu sans précédent pour le monde.

La scène est belle avec la manifestation première d’une très grande joie produite par la présence réelle de Dieu dans le dénuement de la crèche et la vulnérabilité de cet enfant.

Cette grande joie nous est également proposée en ce Noël 2019 en suivant l’exemple des mages.

Et si les mages offrent l’or au Seigneur, signe de sa royauté, nous pouvons présenter devant la crèche nos vies plus précieuses que l’or aux yeux du Seigneur.

S’ Ils offrent la myrrhe, huile précieuse destinée à embaumer les morts, nous pouvons déposer au pied du Seigneur ce qui doit mourir en nous, ce qui nous enchaine, nos manques de foi, nos limites, nos souffrances et nos pauvretés, bref tout ce qui doit être ressuscité.

Si les mages offrent l’encens, qui manifeste la divinité de Jésus, nous pouvons offrir nos cœurs ardents à le prier et le louer.

Dans l’attitude des mages qui se prosternent en s’offrant, nous pouvons reconnaître la démarche de l’offertoire ou de la procession des offrandes à laquelle nous sommes invités chaque dimanche et qui nous met en chemin vers la résurrection dans l’eucharistie.

Noël est donc tout aussi important aujourd’hui qu’il y a plus de 2000 ans car nous sommes appelés à rencontrer notre sauveur en nous présentant devant Lui tel que nous sommes.

En ce sens, Angelus Silésius écrivait au 17ème siècle : « Jésus pourrait naître mille fois à Bethléem, s’il ne naît en ton cœur, cela ne sert à rien ».

Alors, Jésus peut-il naître dans mon cœur cette année ? Qu’a-t-il à me dire ?

Grégory Leurent