Les cinq essentiels : la fraternité

Prière – Fraternité – Service – Formation – Évangélisation

Après la Prière, nous poursuivons cette semaine dans la feuille paroissiale la déclinaison des « 5 essentiels » de la vie chrétienne en évoquant la Fraternité.

Si l’évocation de « 5 essentiels » peut laisser penser à certains que nous serions en présence d’une irritante recette du bon chrétien, en réalité, nous parlons tout simplement des attitudes du cœur des membres de la première communauté chrétienne

« Ils se montraient assidus à l’enseignement des Apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. Tous les croyants ensemble mettaient tout en commun et partageaient selon les besoins de chacun… Et chaque jour le Seigneur adjoignait à la communauté ceux qui seraient sauvés » (Actes des Apôtres : 2,42-47).

Nous référant donc à la première communauté chrétienne de Jérusalem, nous abordons cette semaine la place que la Fraternité est appelée à prendre au cœur de nos vies pour construire ensemble la communauté et le Royaume.

Si en France, la Fraternité est inscrite au fronton de l’ensemble de nos bâtiments publics, de quoi parlons-nous lorsque nous évoquons la Fraternité en Jésus.

Le pape nous explique que Jésus ne veut pas agir seul, qu’il est venu pour apporter au monde l’amour de Dieu et qu’il souhaite le répandre avec le style de la communion et de la fraternité.

Et Jésus nous dit : « Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère ». Ainsi, vouloir vivre à l’exemple de Jésus qui fait la volonté du Père, c’est rejoindre une fraternité nouvelle.

Alors observons justement comment Jésus instaure ce lien fraternel avec tous les hommes. Il nous dit : « Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de mes frères le plus petit, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 31-46).

Ainsi, la Fraternité en Jésus, par l’attention première au plus fragile, à celui qui est à mes côtés, tend à nous rapprocher les uns les autres pour aller à la rencontre du Christ que je peux reconnaître dans chacun de mes frères. Je suis donc appelé à aimer comme Dieu aime et à me laisser aimer par Lui à travers mes frères.

Au cœur de cette relation, les différences et les statuts ne comptent plus « Il n’y a plus ni juif, ni grec, il n’y a ni esclave, ni homme libre, il n’y a pas homme et femme, car tous vous êtes un en Christ » (Galates 3, 28).

Mais attention, la Fraternité n’est pas mièvrerie fusionnelle et peut aussi s’exprimer à travers la « correction fraternelle » (Mt 18 15-17). Il s’agit pour nous d’apprendre, et ce n’est pas facile dans nos communautés de vie, à savoir se dire les choses simplement et en vérité avec le langage de l’amour pour pouvoir entrer ensuite dans une belle démarche de pardon et de réconciliation, donc d’unité en vérité.

Et en ce début d’année, la première question toute simple qui nous est posée, c’est d’abord de savoir si notre cœur a le désir de vivre cette fraternité en Jésus ?

Et si oui, de savoir ensuite quel pas suis-je appelé à poser cette année pour vivre cette fraternité ? Mais aussi comment puis-je aider la communauté à être plus fraternelle ? Et concrètement de me demander où le Seigneur m’appelle à me lever pour prendre toute ma place au bénéfice de tous ?

Terminons par une petite histoire : un vacancier visiteur d’une abbaye demandait à titre d’information au père supérieur combien de moines constituaient la communauté. Il eut la surprise de se voir répondre avec un beau sourire « nous essayons d’être Un ».

Voilà peut-être notre appel : que là où nous vivons, sur la paroisse, au boulot ou à l’école, dans nos familles et nos activités, nous puissions travailler à l’unité et non à la division, que nous tentions de faire Un, en contemplant le Christ à travers chaque personne.

Grégory LEURENT