Armistice : le seuil de la paix

par le Père Julien Brissier
Vicaire sur des paroisses Sainte-Geneviève et Notre-Dame du Perpétuel Secours

 

Dans nos mémoires à l’occasion du centenaire de l’Armistice de la Guerre 14-18, sont présents nos soldats morts pour la France, et aussi ces familles meurtries par cette Première Guerre Mondiale. Rappelons-nous, que lors de la première bataille, c’est l’équivalent de la population d’Asnières qui est tombé au champ d’honneur.

Cet excès de sang versé fait mieux comprendre pourquoi, il nous est cher de commémorer l’Armistice qui fût la fin, malheureusement temporaire, de ces atrocités. Temporaire, car nous le savons, il ne faudra que 20 ans pour que les suivantes n’éclatent.

Car en effet l’Armistice, n’est pas véritablement la Paix, il n’en est que le seuil. Au mieux c’est une paix physique qui ne verse pas de sang. Mais entre les peuples, les cœurs restent vengeurs et plein de rancœurs. Si pour un Armistice, il suffit des signataires, pour la paix il faut des artisans volontaires portés par un même élan : « la der des der ! » (la dernière des dernières).

Pour y parvenir aujourd’hui encore il y a deux maîtres mots : réconciliation et communion entre les hommes et entre les peuples.

Reconnaissons que l’Eglise, par ses membres, doit y prendre toute sa part et le Saint Concile Vatican II nous le redit : « L’Église est, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain. »

Pour cela, par tous les moyens offerts dans l’Eglise, unissons-nous au Christ qui par son sang a non seulement signé un Armistice mais aussi établi fermement les fondations d’une Paix véritable : C’est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité ; par sa chair crucifiée, il a détruit ce qui les séparait, le mur de la haine ; (…) et réconcilier avec Dieu les uns et les autres en un seul corps par le moyen de la croix ; en sa personne, il a tué la haine. (Ephésiens) 2, 14-22

Il est venu annoncer la bonne nouvelle de la paix.
En lui, toute la construction s’élève harmonieusement pour devenir un temple saint dans le Seigneur. (…) En lui, vous êtes, vous aussi, les éléments d’une même construction pour devenir une demeure de Dieu par l’Esprit Saint.

Père Julien Brissier