Vous êtes une descendance choisie une nation sainte… (1 Pierre 2, 9)

Au cours de la vigile pascal et le jour de Pâques, nous avons eu de nombreux baptêmes.
Dans nos trois lieux de culte, baptêmes dans la mort et la résurrection du Christ.
Ces baptêmes nous amènent à nous reposer pour nous la question que Jean-Paul II soumettait au peuple de France au Bourget le 31 mai 1980 :

France, qu’as-tu fait de ton baptême ?

Nous pouvons d’abord rendre grâce à Dieu d’avoir été choisi parmi les enfants des hommes pour en bénéficier. Au travers des déterminations, des aléas de cette vie, nous sommes obligés de reconnaître l’initiative gratuite, inexplicable d’un amour singulier de Dieu. Comme le soulignait Mgr Lustiger, c’est là que nous nous trouvons devant la foi. En effet, la foi, n’est-ce pas reconnaître avec action de grâce que dieu nous a aimés alors que nous étions incapables d’aimer ? La foi c’est accepter d’être choisi par Dieu tous les jours et non pas de choisir Dieu. La foi, c’est s’en remettre à la fidélité divine et non pas se fier à sa propre fidélité. La foi, c’est accueillir Dieu qui se manifeste, qui se dévoile à nous et non découvrir Dieu. La foi, c’est se reconnaître comme indigne devant la grandeur d’un amour qui ne vient pas de nous.
La foi, c’est accepter de se voir pardonné par celui qui nous révèle la nature du pardon.

Et si Dieu prend cette initiative, en nous appelant l’homme à le reconnaître, c’est pour que choisi pas la gratuité de Dieu, nous puissions témoigner de cette gratuité. Les enfants reçoivent ce don par avance pour le donner plus tard à la multitude. Nous sommes en effet baptisés pour être le visage du Christ dans le monde.

Une telle mission nous incombe, elle ne peut être portée que par nous tous. La vie, nul ne peut se la donner soi-même, nul ne peut la donner à un autre. Un homme et une femme qui conçoivent un enfant, ne lui donnent pas la vie : ils la lui transmettent et ils sont responsables de cette vie qu’ils transmettent.

Devenir un homme, c’est accepter de recevoir sa vie d’avant soi-même. Il en va de même pour la liberté : on ne se la donne pas à soi-même, on la reçoit d’un autre. Etre libre, c’est accepter d’être voulu libre dans l’amour d’un autre. Nous sommes ainsi voulus libres dans l’amour de Dieu. Dieu nous dit dans l’Exode, 19,5 : « Vous serez ma part personnelle parmi les peuples, vous serez un royaume de prêtres, une nation sainte » Ces paroles n’ont jamais été démenties, elles sont le cœur où se dévoile l’amour.
Et cette vocation en ce monde a sa forma achevée dans la passion et la résurrection du Christ.
Désormais, dans le monde entier, des hommes et des femmes sont appelées à entrer dans cette vocation, non seulement parce qu’ils sont nés de la chair et du sang, mais aussi parce qu’ils naissent de l’esprit, pour accomplir cette même vocation, qui est d’attester que Dieu aime le monde.

Accomplir cette vocation, c’est être destiné à révéler le pardon de Dieu et son amour avec la force de son amour. C’est être à la fois berger pour Dieu et brebis pour Dieu.
Alors cette vocation nous oblige à recevoir cette vie comme un don, puisque la grâce nous est faite de la transmettre, à recevoir aussi notre appel comme un amour puisque la grâce nous est faite d’en être les témoins et les gardiens ;
Alors vivons notre baptême dans la fidélité et dans la joie de Pâques

Gabriel