Le chrétien, un être de feu

Pour vous qui suis-je ?

Telle est la vraie question qui se pose à nous chaque jour : Pour nous qui est le Christ ?

Nous pourrions utilement mettre à profit le surcroit de liberté que ce temps de vacances va nous accorder pour y réfléchir, pour parfaire le rapport d’amitié que nous avons avec le Christ qui nous dit lui-même qu’il ne nous appelle plus serviteurs mais qu’il nous appelle ses amis puisqu’il nous a révélé tout ce qu’il a reçu de son Père.

Nous pourrions aussi réfléchir quelle est celle des huit Béatitudes, ce programme de bonheur du chrétien qui se trouve au chapitre 5 de saint Matthieu qui s’applique le plus à nous , en fonction de ce que nous sommes, en fonction des dons que nous avons reçus et à la manière dont nous la mettons en œuvre : est ce la béatitude des pauvres de cœur, des artisans de paix , des cœurs purs, des miséricordieux , de ceux qui sont persécutés pour la justice… ?

Monseigneur Rouet, nous aide à réfléchir sur ce point :

Pour vous qui suis-je ? Cette question qui nous est posée est fondamentale :
En vingt siècles les gestes liturgiques ont beaucoup changé et c’est normal parce que c’est la vie. Les paroles et les gestes évoluent.

Mais la vraie question est : « Qui est derrière ? »
« Pour quoi sommes- nous chrétiens aujourd’hui ? »

Si nous sommes chrétiens parce que cela nous rapporte un intérêt, nous n’avons rien à dire. Ce que le Christ attendait des apôtres c’est qu’ils entrent au cœur de la foi
On n’est pas chrétien parce que cela nous rapporte
On n’est pas chrétien parce que cela nous soutient
On n’est pas chrétien par habitude

Alors pourquoi ?
Nous sommes chrétiens parce que nous avons compris dans notre cœur que Dieu nous aime
Bien sûr qu’il faut accomplir des gestes chrétiens
Mais nous pouvons donner notre corps aux flammes, nous pouvons avoir une foi à transporter les montagnes
Nous pouvons nous dépenser pour la solidarité
Nous pouvons être un apôtre de la justice sociale….
Et ne jamais aller au cœur de la foi.
Car la foi, comprenez-le bien,
C’est cette amitié avec le Christ qui nous prend à l’intérieur de nous,
C’est cet amour que nous échangeons avec un Dieu qui a donné son Fils pour nous
Quand est ce que nous comprendrons vraiment au fond de nous que tant que nous ne sommes pas allés à ce centre là, tant qu’on n’a pas été à ce cœur-là, nous n’avons pas encore compris ce que c’est d’être chrétien.

Il ne suffit d’avoir des gestes des comportements, d’avoir des bâtiments, des ornements, il fait laisser Dieu brûler dans nos cœurs. Parce que nous aurons alors quelque chose à dire.
Nous pourrons dire à ce monde qui nous entoure combien Dieu nous aime, combien l’homme est précieux à ses yeux. Et le jour où notre cœur sera habité par cette flamme alors en dansant nous changerons en chantant Alléluia, nous porterons le monde.
Ce que le monde actuel attend des chrétiens c’est qu’ils aient une flamme au cœur C’est que l’amour de Dieu les brûle que ce ne soit pas notre sécurité, notre petit pouvoir, nos habitudes, nos titres notre argent qui nous mènent, mais que ce soit simplement le fait de tout mettre, de tout jeter dans l’amour de Dieu.

Et nous serons alors l’Eglise du Christ !
Notre grande chance d’aujourd’hui c’est d’être pauvres et libres, notre grande chance c’est d’avoir à choisir entre la peur et la foi.
Si nous choisissons la foi, alors laissons –nous brûler par l’amour de Dieu, laissons nous prendre par le Christ et nous pourrons répondre à la question : « Pour vous qui suis-je ? »
« Tu es celui qui nous aime et qui nous donne d’aimer ».

Mgr Albert Rouet,
Les saisons de la foi. p 90-91

Emmenons ce texte avec nous au cœur de nos vacances et demandons- nous comment nous laissons transparaître le Christ dans nos vies parce que nous l’aurons découvert, nous saurons quelle béatitude nous avons spécialement à vivre, et que nous chercherons en fonction de ce que nous sommes à porter son amour à ceux qui nous entourent.

Gabriel